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Beaucoup de choses ont déjà été
écrites sur le prélèvement des arbres dans
la nature. Il est vrai qu'il s'agit là d'un sujet très
vaste qui nécessiterait à lui seul un véritable
ouvrage de plusieurs centaines de pages.
Comment, en effet, résumer en quelques lignes une technique
qui demande à ceux qui s'y adonnent une expérience
de plusieurs années, pour maîtriser les immenses difficultés
qui se présentent lorsque l'on choisit cette 'voie royale'.
Les japonais, experts en la matière, appellent ce mode d'acquisition
'Yamadori'.
J'ai cru comprendre que cela devait signifier ' la voie de la Montagne'
ou quelque chose dans ce genre.
Vaste programme, puisque avant le prélèvement
proprement dit, il y a toute une phase de recherche et d'apprentissage
que nous pourrions nommer, au risque de paraître présomptueux,
une véritable quête.
Et cette quête requiert tout un savoir; lequel, on l'imagine
aisément, se transmettait de maître à élève
lorsque le moment propice était venu.
En effet, avant de se lancer sur des pentes sauvages pour y dénicher
un de ces trésors inestimables que la nature avait mis des
décennies à façonner, il avait fallu apprendre,
pendant de longues années, à garder en vie et faire
évoluer ces arbres en pots qui garantissaient à leurs
'propriétaires éphémères' un véritable
respect.
Les temps ont changé bien sûr, et l'on voit les choses
différemment, mais l'esprit quelque part perdure et c'est
tant mieux.
Beaucoup d'amateurs de nos jours peuvent tenter cette expérience.
Les moyens de locomotion, les sites plus accessibles, une connaissance
plus largement diffusée grâce aux clubs de bonsaï,
font que l'on voit de nombreux arbres en cours de 'transformation'
provenant de cette manière.
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Mais les difficultés et les hésitations
quand aux chances de reprises sont toujours à l'ordre du jour
et rien n'est plus coupable que la perte d'un de ces arbres, lorsque
les règles élémentaires n'ont pas été
respectées.
Néanmoins, ce n'est pas une raison pour ne pas essayer, et
la raison d'être de cet article est d'aider en m'appuyant sur
mon expérience, les téméraires que je devine
déjà en train de 'fourbir' pelles et pioches avant le
grand assaut qui leur apportera cet arbre tant convoité entraperçu
au hasard d'une excursion dans quelques recoins oubliés des
bulldozer et des technocrates.
Cependant, avant d'aborder les techniques
de prélèvement, j'aimerai m'attarder quelques
instants sur divers points qu'il eut été dommage de
ne pas mentionner ici.
En effet ce site s'adresse essentiellement à des gens passionnés
de bonsaï et, comme tels, respectueux de cette Nature que nous
voyons de plus en plus fragilisée par notre monde moderne et
le peu de conscience écologique ou tout simplement civique,
de ceux qui en vivent, et qui en abusent.
Pour vous évoquer rapidement mes premiers pas dans ces sentiers
ardus, j'ai eu la chance immense de rencontrer - mais est-ce un hasard
? - deux personnes qui ont beaucoup compté dans ces formidables
années ou j'ai découvert cet art , et qui m'a conduit
à envisager d'en faire mon 'gagne-pain'. |
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En effet, n'en déplaise à quelques
esprits chagrins, on peut tout en même temps aimer les bonsaï
et essayer d'en faire son métier.
Bref, pour en revenir à ces compagnons de fortune, il y en
avait un qui animait avec passion et fantaisie - et j'espère
qu'il le fait toujours - le Bonsaï club de Nantes - je veux
parler de Gilles Kervel - et l'autre - que j'avais connu bien des
années avant en d'autres circonstances - François
Houette (responsable de la Sté HOSAKE) dont le talent et
l'esprit d'innovation nous surprenaient toujours.
Tous trois, nous avons parcouru des centaines et des centaines de
kilomètres, sillonnant les plus belles contrées de
notre pays, en quête de l'arbre idéal, n'hésitant
jamais à aller voir de l'autre côté du versant,
si par hasard il ne s'y trouvait pas.
Je garde un merveilleux souvenir de cette exaltation qui nous empoignait
lorsque la chance plaçait sur notre chemin ces fameux arbres
'rabougris' que nous déterrions avec une ardeur à
faire pâlir de rage un cantonnier
( je ne me ferai aucun ennemi, puisqu'il n'y a plus de cantonniers
! ).
Je souhaite sincèrement à tous les gens qui s'intéressent
aux bonsaï de connaître pareille aventure, et qu'ils
la partagent avec le même esprit que nous avions alors.
Tout ça pour vous dire que
je ne conçois pas le bonsaï sans prélèvement,
et quelque part, je plains ceux qui s'en détourneraient pour
d'éventuelles questions de 'déontologie' mal placées.
Personnellement, les principes, s'il faut en parler, je les place
essentiellement sur la manière de se comporter sur le site
de prélèvement. |
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Pour illustrer ce propos, je voudrais évoquer
le côté 'prédateur' de certains.
On a vu en effet, et le fait n'est pas rare, des hordes de pillards
s'égailler fiévreusement en quelques taillis, négligeant
les plus élémentaires règles de correction, et
tirer avec rage sur un malheureux rejeton, afin que le voisin ne puisse
en profiter.
Oui, cela existe et de tels agissements sont la honte du monde du
bonsaï. On ne répètera jamais assez qu'une sortie
'yamadori' ne doit en aucun cas s'apparenter
à une 'razzia' et si tel était le cas , il serait opportun
de mettre un terme à ce type de pratique.
Pour ma part, il m'est arrivé d'emmener avec moi des passionnés
dans mes sorties 'prélèvements' et je le fais toujours
lorsque l'occasion se présente. Cependant, je tiens, et c'est
là un point important, à ne jamais dépasser le
nombre de trois personnes et encore faut-il choisir ses compagnons
!
Au delà, c'est indéniable et vérifié,
la cupidité prend le dessus. On n'y peut rien , l'homme est
ainsi fait.
Voilà une des raisons qui me fait hérisser les quelques
cheveux qui me restent sur la tête, lorsque j'entends parler
de 'sorties prélèvements clubs'. Je ne mets pas en doute
la responsabilité des amateurs ni de leurs responsables, mais
j'ai eu l'occasion de découvrir des 'champs de bataille' qui
me laissent songeur.
A l'opposé, rien n'est plus agréable que de se retrouver
entre gens de bonne compagnie par une de ces belles journées
de fin d'hiver en un lieu ou l'on sent vivre la nature et où
le silence est une règle d'or. |
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