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Le rempotage est l'une des tâches les
plus importantes dans le long processus de transformation d'un arbre
en bonsaï. Lorsque l'on parle de rempotage, on pense avant tout
à la taille des racines ; opération qui contribue largement au processus
de nanification de l'arbre et qui permet après quelques années de
préparation de les loger dans ces fameuses poteries pour bonsaï
dont on sait que le faible volume - imposé essentiellement pour
des raisons esthétiques - constitue un sérieux handicap.
Pourquoi rempoter un arbre ?
Les racines d'un arbre élevé dans un pot
colonisent rapidement le volume qui leur est alloué, et elles ont
vite fait d'épuiser toute la nourriture disponible. Lorsque c'est
le cas, vous avez comme unique recours de sortir l'arbre du pot
pour raccourcir les racines, ou bien de le mettre dans un contenant
plus grand. Il faut savoir que seule l'extrémité des racines 'aspire'
l'eau et les éléments nutritifs. Les racines ont une double vocation
dont celle de 'soutenir' l'arbre dans le sol ; raison pour laquelle
elles s'étalent au fur et à mesure que l'arbre se développe. Avec
nos bonsaï, nous les empêchons de se développer normalement puisque
nous n'avons pas besoin de leur fonction de support. Ce que nous
voulons, c'est un maximum de jeunes racines qui rempliront leur
rôle de pompe aspirante et ceci le plus près possible de la base
du tronc, en gardant à l'esprit qu'elles devront se loger dans un
volume relativement restreint. Les racines réagissent comme les
branches que l'on coupe, pour obtenir une bonne ramification.
Ce que nous voulons obtenir, c'est un maximum
de chevelu, le plus prés possible du tronc.
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| préparation |
nettoyage
des troncs |
le
pain de racines |
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La stabilité de l'arbre dans
le pot est assurée par l'utilisation de fils de ligature
(pas trop fin pour ne pas couper les racines) qui passent généralement
par les trous de drainage pour se réunir sur la surface des
racines où ils sont torsadés pour bien solidariser
les deux éléments. Il est important d'attacher les
arbres dans les pots (et les pots aux étagères pour
certains styles comme les cascades ou les shokan), car le vent,
lorsqu'il se déchaîne, les met facilement &D'autre
part, au bout de quelques années, le développement
des racines dans un même pot rend l'arrosage très difficile
en raison de leur densité. Elles sont si serrées que
l'eau a du mal à se frayer un chemin à l'intérieur
du substrat ; ce qui a des effets directs sur la bonne santé
de l'arbre. Voilà également une bonne raison de rempoter
régulièrement un arbre.
- Pour les jeunes plants, il est bon de
les rempoter tous les ans.
- Un arbre préformé, pourra attendre entre deux et
trois ans selon l'évolution des racines.
- Un bonsaï déjà formé, dans une poterie
conforme à son style, n'aura pas besoin d'être rempoté
trop souvent (excepté si les racines veulent 'sortir' du
pot). C'est à l'appréciation de l'éleveur qui
juge si un rempotage sera bénéfique ou non. On peut
laisser s'écouler 4 à 5 années ainsi, entre
deux rempotages.
- Les Pins vous montrent à leur manière qu'un rempotage
s'impose. En effet, les racines lorsqu'elles n'ont plus d'espace
vital, s'enroulent au fond du pot et soulèvent la motte racinaire
qui dépasse alors anormalement du rebord supérieur
du pot. Il est temps de faire quelque chose.
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| griffe
deux dents |
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| coupe
grosses racines |
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Par ailleurs, c'est
uniquement par le rempotage que l'on pourra améliorer le 'nebari'
(départ des racines conforme aux critères de l'esthétique
bonsaï) qui doit être le premier travail que l'on fait
subir à un jeune plant. Un bonsaï qui présente
un grave défaut d'enracinement n'aura aucune valeur, même
si le tronc et les branches sont bien formés.
C'est le premier critère de jugement qui conditionne tout ce
qui s'ensuit, à savoir : la ligne du tronc qui déterminera
le style dans lequel cet arbre sera classé (chakan vertical
strict, tachiki vertical avec mouvements du tronc, Moyogi etc.).
Le rempotage vous permet donc de corriger
ces mauvais enracinements. Le
processus est simple en soi, puisqu'il consiste à sélectionner
des départs de racines de telle façon qu'elles s'inscrivent
dans un même plan horizontal. L'arbre ainsi préparé,
lorsqu'il a été correctement positionné dans
le pot, dégage une réelle impression de stabilité,
qui joue un grand rôle dans la qualité d'un bonsaï.
Il est parfois difficile, voir impossible pour des yamadori ( arbres
prélevés dans la nature), de trouver un bon départ
de racines. Il en manque souvent une sur un des côtés,
entraînant un déséquilibre pénalisant.
Dans le cas de yamadori -arbre possédant déjà
un diamètre de tronc important au niveau du départ des
racines - on ne peut pas rapporter une racine là où
il n'y en a pas, à moins d'utiliser des subterfuges pour dissimuler
ce défaut ; comme accoler un autre tronc là où
manque une racine et 'construire' un double tronc ; ou essayer d'incruster
une pierre, afin d'équilibrer la base de l'arbre, comme s'il
avait trouvé appui sur elle pour se développer. |
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| parage
au sécateur |
griffe
trois dents |
motte
diminuée |
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Quand rempoter ?
C'est un vaste débat et je dois avouer
qu'après bientôt 20 ans d'expérience, je ne
suis pas encore sûr d'avoir trouvé un semblant de réponse
satisfaisante à la question, pour déterminer quel
est le meilleur moment pour rempoter un arbre ?
Encore faut il faire un distinguo entre un
simple changement de pot sans grosse coupes sur les racines,
comme passer un arbre dans un pot plus grand par exemple, et
un réel rempotage comme nous l'entendons habituellement
où là, il s'agit de faire une grosse intervention
sur le système racinaire (démêler les racines,
supprimer toute la terre, voire les laver, en couper une bonne partie,
etc.) ainsi qu'une taille de structure allant de pair, sur la partie
aérienne.
| Il est d'usage de dire que la meilleure
saison pour rempoter se situe au tout début du printemps,
juste avant le débourrage.Une autre période favorable,
concerne la fin de l'été, après les grandes
chaleurs, lorsque les végétaux se remettent à
'fonctionner', avant les premiers frimas. Disons septembre et
octobre. On conseille également de le faire après
la floraison pour les fruitiers et les arbres 'à fleurs'. |
Voilà pour les grandes lignes. Je me
garderai bien d'être péremptoire en disant c'est comme
ça et pas autrement : J'ai rempoté avec succès
des feuillus et des conifères en plein mois de juillet et
août (avec grosse intervention sur les racines).
Les soins post-rempotages sont très
importants et déterminent ou non la réussite.
Il n'y a pas vraiment de règle absolue. Il me semble que
tout réside dans la manière de faire.
En gardant à l'esprit que les racines
sèchent très vite et que c'est le point le plus important
à surveiller, on peut travailler quand on veut en
période végétative. Pensez aux besoins de la
partie aérienne (feuilles), qui doivent être compatibles
avec l'apport des racines -où ce qu'il en reste - après
le rempotage.
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| choix
du pot |
Ce qu'il ne faut pas faire :
- Rempoter par temps de gel.
- Si vous rempotez en novembre (selon le dicton : à la Sainte
Catherine, tout bois prend racine), faites le uniquement si vous
pouvez protéger l'arbre des gelées qui viendront ultérieurement
(serre froide, local hors gel et non chauffé).
Les racines coupées, craignent l'excès d'eau qui peut
amener une pourriture. On applique du baume cicatrisant (Lac Balsam)
sur les sections des grosses coupes de racines.
- mettre un arbre en plein soleil après un rempotage ou exposé
à des vents desséchants. Traitez le comme une bouture.
Hygrométrie favorable, surtout pas d'excès d'eau au
niveau des racines, et placé à mi-ombre, et plus que
tout, employez un substrat adapté.
- Ne faites pas d'apport d'engrais. Cela ne sert à rien puisque
les racines doivent se refaire avant de pouvoir l'assimiler. Par
contre, si vous rempotez en période végétative,
un léger apport d'engrais foliaire (le soir) ne peut être
que bénéfique.
- Evitez de rempoter et ligaturer l'ensemble d'un conifère
en même temps. Mieux vaut différer les deux interventions.
Cependant, s'il s'agit d'un jeune plant de conifère, vous
pouvez néanmoins commencer à former le tronc par la
ligature. C'est simplement une histoire de précaution, pour
ne pas risquer de perdre l'arbre.
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