Le rempotage
préparation des grilles

Quel substrat utiliser ?

C'est un point très important qui joue un grand rôle dans le résultat final de cette opération.

Les racines ont besoin d'air et d'eau pour vivre et se développer normalement.

Un bon substrat sera celui susceptible d'offrir ces deux caractéristiques qui sont les seules qui doivent nous guider dans son choix.
Donc, vous devez faire simple.

Les japonais utilisent une terre (terme que l'on utilise au sens de substrat) connue sous le nom d'akadama, que l'on peut trouver chez certains professionnels. C'est une argile (rétention d'eau) de couleur beige dont la caractéristique principale est de se présenter en grain (apport d'air) de différente granulométrie. C'est un très bon produit qui a deux défauts à mes yeux, le premier, d'être assez onéreux, le deuxième de se déliter assez vite après les nombreux arrosages. Ajoutez à cela, qu'en fonction des provenances, vous en avez de plus où moins bonne qualité.

Il existe un matériau dont j'ai déjà parlé et qui mérite toute notre attention en la circonstance. Il s'agit de la pierre ponce (appelé aussi tuf zéolithique) qui se présente également en grains (2 à 4mm en moyenne). Il faut savoir qu'à la base, il a toujours beaucoup de poussières qu'il faut éliminer en tamisant à 1mm. Je n'ai rien trouvé de mieux pour faciliter le redémarrage des racines.

Nous avons la rétention de l'eau (c'est une véritable éponge) et de l'air grâce à la structure en strates de cette roche d'origine volcanique. Son coût est raisonnable mais elle reste difficile à se procurer (voir chez certains professionnels).
Hormis de l'écorce de pin
compostée* (en tout petit morceaux), n'ajoutez aucune matière organique. Cela ne sert à rien si ce n'est favoriser le développement de champignons qui peuvent attaquer les racines.
Pour ce qui est de nourrir la plante, cela se fait uniquement par apport d'engrais organique, dosé suivant les besoins de chaque espèce
.

installation des grilles
fixation des grilles

Ce qu'il ne faut pas faire :

- utiliser ces 'terreaux' pour plantes dites 'à fleurs' largement proposés dans la grande distribution.
- bien que cela soit assez tentant, se lancer dans des 'mélanges à soi', où croyant bien faire, on y met n'importe quoi d'inutile !
- laisser les poussières (en oubliant de tamiser), qui s'accumulant dans le fond du pot après les arrosages successifs, peuvent obstruer les trous de drainage.
- rempoter avec un substrat tout sec. Cela ne peut-être que préjudiciable aux racines qui à son contact vont se dégrader aussitôt. Utilisez toujours un mélange ayant un taux suffisant d'humidité, sans excès néanmoins.
- lorsque vous venez de finir un rempotage, ne jamais tasser le substrat après avoir arrosé. Vous risquez de le 'colmater', rendant les arrosages à venir quasiment irréalisables.
- laisser un arbre 'brinquebaler' dans un pot, sans l'avoir arrimé.
- différer la taille d'un pivot (pour les prélèvements) pensant favoriser la reprise. Il faut couper sans hésiter tout ce qui est en trop, que ce soit au niveau des racines ou des branches.

remplissage fond du pot

 

prêt à la mise en pot

Comment faire ?

Avant toute chose, préparer tout le matériel dont vous aurez besoin :

- Mélange à portée de main et pouvant être facilement manipulé.
- Plateau tournant pour les grands pots dont le poids est un sérieux handicap. Cela vous évite de faire sans arrêt le tour du pot pour y verser le 'mélange'.
- poterie ou contenant correspondant au volume des racines après leur taille.
- grilles pour les trous de drainage (maillage pas trop fin) ainsi que le fil pour les fixer au pot
- baguettes pour introduire plus facilement la terre dans le dédale des racines.
- du fil de ligature (ce peut-être du fil ayant déjà servi à ligaturer des branches) assez gros en diamètre - en fonction de l'importance de l'arbre - pour arrimer solidement l'arbre au pot, sans blesser les racines.
- les outils de coupe indispensables (propres et désinfectés pour éviter la transmission de champignons aux racines), ciseaux pour le 'chevelu', pinces obliques pour les racines lignifiées, grosses pinces concaves ou dites 'à racines' pour creuser le pivot lorsque nous avons à 'travailler' des yamadori.
- du temps devant soi pour faire les choses sans précipitation.


D'abord, commencer par sortir l'arbre du pot dans lequel il est actuellement..
Vous vous apercevrez que ce n'est pas toujours facile, particulièrement si vous avez à faire à des poteries dont le bord supérieur est 'rentrant', ou si le pot est 'bombé' vers l'extérieur. Laisser au préalable la motte sécher partiellement, ce qui, en raison de sa rétraction, facilitera l'extraction.
Ayez toujours un pulvérisateur à portée de main pour humidifier les racines lorsqu'elles commencent à sécher. Le démêlage des racines, ainsi que leur taille peut prendre du temps surtout si vous avez à faire à un arbre dont l'entretien a souvent été négligé des années durant.

mise en place

remplissage substrat

 

Avec les griffes spéciales vous allez essayer de dégager toutes les racines, en commençant par 'gratter' l'extérieur de la motte.
Il est bon pour cela de poser l'arbre sur un billot de bois d'une trentaine de centimètres de haut, qui permet de surélever la motte racinaire et de travailler plus efficacement en dégageant un espace suffisant pour oeuvrer sans être obligé de porter l'arbre à bout de bras.


Il faut agir progressivement, en prenant son temps pour ne pas trop blesser les racines. C'est fastidieux et très physique pour les gros sujets et il est bon de se faire aider le cas échéant.

Une fois l'opération terminée, vous vous retrouvez avec une grosse quantité de racines, parfois très longues, qu'il va falloir raccourcir de façon à ne garder au final qu'un pain de racines (on appelle cela un paillasson), de configuration plutôt plate. Ensuite, vous creuserez légèrement le centre de la motte, de façon à ce qu'une fois grattée et taillée, elle soit concave, ce qui facilitera la tenue dans le pot (Photos).
Enfin, vous en profitez pour dégager le nebari, en cherchant à corriger ses éventuels défauts. Supprimer des racines qui se chevauchent, ou des racines trop près les unes des autres, par exemple.
Le départ des racines, rappelons le une fois de plus, est le premier critère d'appréciation d'un bonsaï réussi.


Le travail sur les racines achevé, vous pouvez passer à la taille de structure (mise en forme de l'arbre) ou réciproquement, il n'y a pas d'ordre établi.

Pensez toujours à équilibrer les deux parties, aérienne et souterraine, pour que l'arbre puisse redémarrer normalement. La quantité de sève devant alimenter les branches sélectionnées dépendra en effet des racines nourricières, intactes, restantes.
Ceci est surtout valable pour les arbres prélevés qui, inévitablement, subissent un fort 'épurage' de leurs racines.
Souvent, compte tenu de la préparation du futur nebari, ne restent plus que quelques racines, ce qui entraîne de facto, une ablation complète de la partie aérienne.


Idem pour les jeunes plants issus de pépinières ou de boutures, dont les racines s'échelonnent le long du pivot. Vous couperez ce pivot juste au dessous de quelques racines, ainsi que la partie aérienne, au dessus d'un bourgeon, de façon à commencer radicalement, un réel travail de formation. Cela prend en moyenne 5 ans pour obtenir un début correct de nebari à partir d'un jeune plant de pépinière. Ceci s'applique surtout aux feuillus. Pour les conifères, vous serez obligé de conserver du 'vert' car ces végétaux n'ont pas la propriété de rebourgeonner (réitérer) sur un tronc coupé.