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| En dehors des grandes
formes classiques de bonsaï que nous verrons un peu plus loin,
il ne faut jamais oublier que les paysages qui ont marqué
notre existence doivent être la source d’inspiration par excellence.
Voilà pourquoi certains amateurs réussissent à
merveille tel type d’arbre plutôt qu’un autre. Il faut découvrir
la beauté là où elle existe – on pourrait presque
dire, là où elle se cache – dans des parcelles d’espaces
entrevues au hasard de marches en montagnes, de randonnées
dans des landes sauvages, de rêveries solitaires en forêt…Tout
cela offre des possibilités de créations infinies
pour réaliser un microcosme de nature telle que vous vous
l’êtes imaginé. C’est l’essence
même du bonsaï.
Pour revenir à nos
styles, ceux-ci correspondent par
conséquent à des silhouettes d’arbres relativement
caractéristiques que l’œil averti remarque aussitôt.
Regardez par exemple un vieux chêne solitaire dans une prairie,
tel que l’on peut en voir dans des région d’élevage
; il aura souvent cette forme remarquable d’arbre ‘en boule’ avec
un tronc assez court, un fort enracinement et un houppier délimité
à sa base, taillé pour ainsi dire à l’horizontale
(par les bêtes) et bien, il s’agit d’un style de bonsaï
connu sous le nom de hokidachi ou forme ‘en
balai’.
Voilà donc ce qui doit conduire notre
création, l’exemple de la nature
et rien d’autre. Il est convenu, lorsque l’on parle des styles,
d’utiliser des mots japonais (chokkan, shakan, tachiki, etc.), certes
un peu rébarbatif au début, mais on s’y fait assez
vite. Un vocabulaire qui est une manière de rendre hommage
à ces grands créateurs que sont les maîtres
nippons, dans l’Art du bonsaï. |
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ishitsuki |
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| Les formes codifiées
Nous pouvons donc aisément deviner
que dans l’art du bonsaï, il existe une telle variété
de styles, que les connaître tous et savoir qualifier précisément
un arbre avec les termes appropriés peut paraître
compliqué, si l’on ne parle pas le japonais. Si de surcroît,
vous assistez à une conversation de spécialiste
sur la question, vous pouvez vous décourager rapidement.
Néanmoins, pour faire simple et ne
pas trop se saturer l’esprit avec ces nomenclatures (avec lesquelles
vous vous familiariserez avec le temps), il
existe 5 styles de base qui sont déterminés
par l’angle que fait le tronc avec l’horizontale.
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chokkan |
tachiki |
shakan |
han-kengai |
kengai |
La forme verticale formelle, dite chokkan
et ses dérivés.
La forme verticale informelle, dite tachiki
ou moyogi avec toutes les variations possibles
La forme penchée, dite shakan
La forme en semi cascade, dite han-kengai
La forme en cascade, dite kengai
Ensuite, les possibilités étant
quasi infinies, on a défini des ‘sous
styles’ qui, bien que s’apparentant à l’une de ces
catégories principales, s’intègrent dans des classements
que l’on retrouve souvent et qui caractérisent des formes
aisément reconnaissables.
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| hokidachi |
literati |
bunjingi |
sekijoju |
Nous trouvons le
style en balai,
hokidachi ; le style
du lettré, literati
ou bunjingi ; le style
avec racines sur une pierre, sekijoju,
qui peut concerner les 5 styles de base ; arbre
planté dans une roche,
ishitsuki.
Les arbres avec du bois mort,
sharimiki
; celui qui présente des
troncs creusés, sabamiki
; des troncs
torsadés,
nejikan ; avec des racines
apparentes, neagari
; des troncs
présentant des contorsions,
bankan. |
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sabamiki |
nejikan |
neagari |
bankan |
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sokan |
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kabudachi |
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tanuki |
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saikei |
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Puis nous trouvons les bonsaï à
troncs multiples.
Les double troncs, appelés
sokan, qui peuvent revêtir
toutes les formes évoquées ci-dessus.
Puis nous avons les forêts,
style yose-ue qui peuvent regrouper
un grand nombre d’arbres généralement de la même
espèce.
Dans les troncs multiples, nous avons aussi
de grandes variations, comme le style kabudachi
caractérisé par un départ de plusieurs
troncs d’une souche unique. Le style korabuki,
proche du précédent ; mais là, la souche largement
étalée et proéminente, nous fait penser à
une carapace de tortue.
Un autre style intéressant, toujours composé de troncs
multiples, est connu sous le nom de forme
‘en radeau’, qui peut-être
ikadabuki, lorsque les départs de troncs sont alignés
et netsunagari ou netsuranari,
lorsque vue d’en haut, leur départ de troncs dessinent des
courbes au sol.
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yose-ue |
korabuki |
ikadabuki |
netsunagari |
netsuranari |
Mentionnons également les tanuki,
composés d’un morceau de bois mort et d’un arbre vivant,
l’ensemble faisant un seul bonsaï ; quand c’est réussi,
cela donne des sujets de toute beauté, auxquels certains
reprochent un côté un peu articiel…
Enfin, on ne pouvait oublier le saikei,
appelé aussi penjing en chinois,
qui est l’art de créer des paysages en utilisant des arbres
travaillés, des roches, du sable et parfois de l’eau.
Lorsque vous commencez à former
un jeune plant, vous devez déjà avoir en tête
une idée du style que vous lui donnerez, puisque comme nous
l’avons déjà souligné, le premier travail concerne
le départ des racines et la ligne du tronc. |
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Les tailles des bonsaï
Il existe des bonsaï de tailles différentes,
et là aussi, nous utiliserons des termes japonais pour les
distinguer.
A vrai dire, il n’y a pas de dimensions imposées pour caractériser
un bonsaï. Seules les limites liées au poids et au volume,
peuvent nous contraindre à rester dans des proportions raisonnables.
Un bonsaï n’est pas forcément une petite chose. La taille
standard des beaux bonsaï, est généralement beaucoup
plus grande que la majorité des gens se l’imaginent.
Les japonais ont défini une échelle qui est la suivante
:
- Les grands bonsaï
omono bonsaï, autour de 130 cm, nécessitant au
moins deux personnes pour être transportés. On fait
souvent allusion à des arbres à ‘4 mains’.
Les bonsaï moyens, chumono bonsaï, entre 45 et 90 cm,
qui peuvent être déplacés par une seule personne
d’où l’appellation « à deux mains ».
- Les bonsaï ‘pour une main’,
katade moche bonsaï, entre
20 et 45 cm, qui est la forme la plus courante.
- Les petits bonsaï, ou shohin
bonsaï, qui sont inférieurs à 24cm. Ces
arbres, lorsqu’ils sont bien travaillés, sont très
prisés des amateurs et peuvent atteindre des sommes très
élevées malgré leur petite taille.
- Les bonsaï miniatures, ou
mame bonsaï, qui tiennent dans
une main. Leur taille les rend difficile à maintenir, surtout
lorsque l’on pense aux contraintes de l’arrosage en été.
Ce sont en somme des ‘bonsaï de poche’.
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