En hiver
 
Pourquoi nos poteries - lorsqu'elles sont bien faites - ont-elles de si larges trous de drainage ? ; pourquoi et on ne le dira jamais assez ,est-il est IMPERATIF d'utiliser des substrats drainants ?
Réponse : pour évacuer cette maudite flotte - qui par ailleurs, nous fait tant défaut l'été ! - dont la mission première, lorsqu'elle trouve une 'baignoire', là où elle devrait tout naturellement s'évacuer, est de s'attaquer avec un malin plaisir à l'intégrité de ces précieuses racines en les faisant POURRIR. Du 'bon sens' me direz-vous. Et oui, du 'bon sens' car l'une des principales causes du 'non-démarrage' de nos arbres au début du printemps est imputable à cette terrible pourriture du système racinaire difficilement décelable si l'on ne sort pas l'arbre de son pot pour en vérifier l'état.

Si cela vous arrive ET CELA VOUS ARRIVERA, il n'y a qu'une chose à faire, laver toute la motte à grande eau, éliminer au maximum toute les racines abîmées et rempoter dans un mélange sans aucune trace de matières organiques. A cette fin, nous utilisons avec bonheur la pierre ponce qui s'avère une des pièces maîtresses du service de 'réanimation'. Du gravier fin ( 1 à 3mm ) peut à la rigueur faire l'affaire mais avec moins de réussite.


Ensuite, si vous avez la chance d'en posséder une, vous mettez votre malade dans une serre froide en surveillant le taux d'humidité du substrat qui doit être ni trop sec ni trop mouillé.
Du 'feeling' ! pour les autres, les malchanceux ,il y a toujours la solution de se confectionner un abri de fortune avec une armature quelconque à la taille du futur pensionnaire, recouverte d'un plastique transparent ( de préférence ! ) avec quelques trous d'aération, à l'intérieur duquel vous mettrez votre arbre.
Et ceci jusqu'à ce que vous constatiez quelques signes de reprise. Brûler un cierge, sacrifier un poulet, ou invoquer je ne sais quelle divinité n'est pas superflu et vous aidera peut-etre! On a pu voir ainsi des miracles se réaliser au fond de quelques jardins secrets !


Le deuxième assaut que subira nos arbres et non des moindres s'appelle le 'gel'. Il y a des offensives qui ne pardonnent pas, aussi convient-il en la circonstance de connaître son ennemi.
En matière de froid, il y aurait beaucoup à dire et comme il s'agit d'un sujet 'brûlant', de nombreux spécialistes' es-sciences' s'affrontent toujours pour déterminer avec précision le taux de résistance d'un végétal 'X' à telle température négative ; ou plus exactement, jusqu'ou peut descendre le thermomètre avant qu'il ne faille déclencher le plan ORSEC ? Avant d'émettre un avis - prudent, en la circonstance - il conviendrait de rappeler quelques conseils que l'expérience nous enseigne ; du genre 'sur un sol détrempé, un coup de gel, , le bonsaï à la poubelle !' Malgré tout, il ne faut pas s'affoler outre mesure puisque nos arbres, rustiques comme il se doit, tolèrent une bonne descente du thermomètre avant de déclarer forfait.
Pour ma part, une des premières précautions que je prends contre une vague de froid,consistera à descendre les arbres des étagères, puis à les mettre sur le sol de préférence en un lieu à l'abri du vent ( nord et est surtout ) et d'entourer le pot d'une protection (avec du sable,des graviers ou de la terre,etc) afin d'isoler en priorité la partie inférieure . Ayant fait cela, on peut voir venir avec une relative sérénité la suite des évènements.
J'ai toujours opéré ainsi depuis des années et bien que n'habitant pas des régions sibériennes, je peux dire qu'il s'agit là d'une protection suffisante jusqu'à -15° et même plus, si évidemment la vague de froid ne dure pas des semaines. Si cela s'avérait être le cas - et on y réflechit à deux fois avant de s'y lancer - la solution est de déménager tout son petit monde dans un local hors-gel . 

 

Dix arbres d'accord ce n'est pas le bout du monde, mais,dans mon cas, devant la quantité de 'sujets' à déplacer, cela mérite réflexion.Et dans ce type de circonstances, seuls les plus petits sont remisés en serre froide...Quand aux autres, ils n'ont qu'a serrer les dents et se recroqueviller sous leurs écorces !

Voilà pour cette fois les quelques conseils adaptés aux conditions météo du moment. N'oubliez pas que nous élevons essentiellement des arbres indigènes ( ou 'rustiques' ) et que nous ne recommanderons jamais assez aux amateurs de faire pareil, puisqu'en matière de bonsaï, ce n'est pas l'espèce qui importe, mais le 'travail' et l'œil que l'on porte sur un arbre.
Nous vous remercions de votre attention et vous disons à la prochaine fois pour parler des soins au sortir de l'hiver.